Temps de travail : le dimanche aussi ?
Alternatives Economiques n° 275 - décembre 2008
Une proposition de loi, déposée le 7 novembre, vise à autoriser l'ouverture des magasins le dimanche à Aix-Marseille, Lyon, Paris et Lille. Le gouvernement y voit un moyen de favoriser la consommation et donc la croissance. Pourtant, sans hausse du pouvoir d'achat, les Français ont peu de chances de consommer davantage. Ils répartiront simplement leurs dépenses sur sept jours au lieu de six. L'exemple allemand est révélateur: l'assouplissement en 2003 de la législation qui encadrait l'ouverture des commerces n'a pas accru la consommation.
Pour un commerçant, ouvrir le dimanche n'est bénéfique en termes de chiffre d'affaires que si ses concurrents sont fermés ce jour-là. Si tout le monde ouvre, les gains de part de marché sont nuls. D'où la multiplication des stratégies de contournement, à l'image de Louis Vuitton qui a installé une librairie dans son magasin des Champs-Elysées pour bénéficier d'une dérogation. C'est ce genre de pratiques, rendues possibles par la complexité de la législation en vigueur, qui pose problème.
Car la liberté de travailler ne semble pas particulièrement menacée: la part de salariés déclarant travailler habituellement le dimanche est passée de 5% en 1991 à 13,6% en 2007, selon l'Insee. Soit 3,5 millions de personnes. Au final, un nouvel assouplissement risque donc de casser un peu plus les rythmes sociaux et de menacer l'équilibre de la vie familiale et associative, sans réel gain pour l'économie.
Alternatives Economiques n° 275 - décembre 2008
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