Tsahal à l'épreuve du terrorisme Par Samy Cohen
Seuil (300 p., 21 euros)
Thierry Brésillon
Alternatives Internationales n° 043 - juin 2009
La démonstration de Samy Cohen, directeur de recherche au Ceri (Centre d'études et de recherches internationales), tient en un mot: "disproportionné". Les réactions militaires d'Israël face au soulèvement palestinien, aux attentats terroristes, à la menace du Hezbollah ou aux tirs de roquettes depuis la bande de Gaza sont systématiquement surdimensionnées et occasionnent des pertes civiles pour lesquelles les Israéliens témoignent peu d'empathie. En définitive, la méthode est contre-productive, radicalise l'adversaire, exacerbe la colère de la population et isole davantage Israël sur la scène internationale.
Ce constat n'a rien de nouveau pour tout observateur de bon sens. Mais Samy Cohen tente d'expliquer cette persistance dans l'erreur. Le regard fixé sur l'horizon stratégique d'une guerre conventionnelle mettant en jeu l'existence de l'Etat (comme en 1967 ou 1973), l'armée israélienne ne s'est pas dotée, estime Samy Cohen, d'une doctrine de lutte contre-insurrectionnelle. Si elle ne l'a pas fait malgré ses échecs répétés, c'est qu'en dépit de son immense supériorité technique, Tsahal reste obsédé par le sentiment de l'extrême vulnérabilité de son territoire et par la nécessité de préserver "sa capacité de dissuasion", sérieusement mise à mal par son aventure libanaise de juillet 2006.
Son rapport au politique est également analysé avec subtilité, et plus que son emprise sur les gouvernants, c'est plutôt l'instabilité politique israélienne qui expliquerait la succession de décisions à courte vue et l'incapacité à adapter les modes opératoires à des objectifs politiques clairs.
Seuil (300 p., 21 euros)
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