Une évaluation de l'ère Greenspan
Christian de Boissieu, professeur à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne
L'Economie politique n° 029 - janvier 2006
par Christian de Boissieu Greenspan a présidé une banque centrale très réactive à son environnement – mais elle l’était avant son arrivée – dans une période de forte croissance que la politique monétaire ne suffit pas à expliquer. Néanmoins, par son pragmatisme et son sens de l’anticipation, il fut l’homme des périodes normales comme des circonstances exceptionnelles, qu’il a su très bien gérer.
Alan Greenspan est arrivé à la tête de la Réserve fédérale américaine(Federal Reserve, ou Fed) à la mi-1987, pour succéder au "géant" (au sens propre et au figuré) Paul Volcker. A l'époque, il paraissait très difficile, quasiment impossible, de succéder à Volcker, tant celui-ci avait dominé la scène économique et monétaire, américaine mais aussi mondiale. Greenspan a pourtant réussi à affirmer sa crédibilité personnelle très rapidement, à l'occasion du krach d'octobre 1987, et cette crédibilité n'a fait depuis que croître et embellir, au point que les superlatifs employés à son égard ont fait florès ("maestro", "magique", etc. Le bilan des années Greenspan à la Fed est présenté ici en privi légiant deux aspects complémentaires.
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