Une violence éminemment contemporaine. Essais sur la ville, la petite bourgeoisie intellectuelle et l'effacement des classes populaires
Coll. Contre-feux, éd. Agone, 2010, 254 p., 18 euros.
Daniel Bachet
Alternatives Economiques n° 290 - avril 2010
A l'heure où les politiques de la ville font référence à la réhabilitation, à la régénération ou à la revitalisation de l'espace urbain, Jean-Pierre Garnier rappelle que ce sont avant tout des rapports de force qui structurent l'urbanisation dans le cadre du tout-marché et du néolibéralisme triomphant. Les saisies et les expulsions qui ont jalonné la crise des subprime aux Etats-Unis attestent de la violence sociale imposée aux classes populaires par les possédants en matière d'habitat urbain. Sous couvert de réduire les poches de pauvreté, il s'agit en fait de disperser les pauvres, dont la concentration sur un territoire restreint est de plus en plus difficile à gérer. Cela suppose de les rendre moins visibles pour faire en sorte que la ville soit plus présentable. D'un côté, des espaces requalifiés sont réservés aux gens de qualité et, de l'autre, les couches populaires sont reléguées à la périphérie des villes.
L'auteur propose une analyse originale de la ville qui permet de comprendre que c'est la transformation du contenu social (les conditions matérielles, le revenu, l'emploi) qui améliorera le contenant spatial (le cadre de vie) et non l'inverse. Il ouvre des perspectives pour mieux appréhender les violences urbaines en montrant les liens qui les rattachent aux discriminations, aux exclusions et aux inégalités sociales.
Coll. Contre-feux, éd. Agone, 2010, 254 p., 18 euros.
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